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Curieuse affaire sur la méthode des activistes pour duper les gens à propos de Monsanto, Zika et la microcéphalie

Robb Fraley, Monsanto Chief Technology Officer 17/02/2016

Dans notre monde essentiellement digital, beaucoup d'entre nous reçoivent des brèves via les médias sociaux ou de nouvelles applications. Bien que nous soyons digitaux d’abord, une des ressources de l’industrie du papier pour attirer notre attention, le titre, est encore une manière importante, sinon la plus importante, d'attirer notre attention. Cela est particulièrement vrai aujourd'hui, quand nos fils d’informations et nos applications sur téléphone et tablette sont en concurrence avec des millions d'autres sources d'information.

Les titres tentent de nous entraîner vers des histoires. Dans la presse imprimée, les éditeurs ont un espace limité pour faire passer l’info clé de l’article. Sur internet, les éditeurs et les rédacteurs peuvent écrire des titres plus longs, casant plus de détails (et de mots-clés pour les moteurs de recherche). Cela peut être une bonne chose - des titres plus longs peuvent donner à l'histoire plus de contexte.

Cela peut aussi être une mauvaise chose, car certaines publications en ligne utilisent un titre plus long pour appâter les clics - une pratique consistant à utiliser des mots ou des mots-clés à sensation pour attirer l’œil. Parfois, l’appât du clic peut être trompeur.

Certains journaux en ligne ayant leur propre objectif, savent que l'ajout de certains mots aux titres générera plus de trafic vers le site. Le virus Zika a été assez abondamment cité dans les médias ces derniers temps, à cause des effets dévastateurs du virus propagé par les moustiques à travers l'Amérique du Sud et les Caraïbes. Certains scientifiques et organisations, dont l'OMS, croient que le virus peut être une cause de l'augmentation des cas de microcéphalie, une malformation de naissance qui donne au bébé une tête plus petite que la normale, et peut entrainer le développement anormal du cerveau.

Les histoires sur Zika et la microcéphalie sont de vrais drames. Je félicite d’ailleurs les scientifiques du monde entier qui recherchent des méthodes pour contrôler en toute sécurité les nouveaux foyers de Zika, ainsi que les médecins et les chercheurs qui mettent au point des traitements pour aider les familles touchées par la microcéphalie.

Si mon titre vous a incité à lire cette histoire et que vous êtes arrivé à ce point, vous vous demandez probablement pourquoi le Directeur de la technologie de Monsanto est en train d'écrire sur la manière de rédiger un titre de presse, sur les appâts de clics, sur Zika et la microcéphalie.

C’est parce que certains sites en ligne très entreprenants ont décidé d’utiliser ces crises en Amérique du Sud et de les connecter avec Monsanto. Durant le week-end dernier, vous avez pu voir des gros titres, tels que ceux-ci:

-Latin American Doctors Suggest Monsanto-Linked Larvicide Cause of Microcephaly, Not Zika Virus (Eco Watch)  [Des médecins d’ Amérique latine suggèrent qu’un larvicide lié à Monsanto est une cause de microcéphalie, et pas le virus Zika]

-Monsanto Larvicide, not Zica Virus, the True Case of Brazil’s Microcephaly Outbreak : Doctors (Tech Times) The outlet recently changed the headline, but the URL, which includes Monsanto, has not been changed. [Un larvicide de Monsanto, et pas le virus Zika, est la véritable cause du foyer de microcéphalie au Brésil: Médecins. Le journal a récemment changé le titre, mais l'URL, qui contient Monsanto, n'a pas été modifiée.]

-Report says Monsanto-linked pesticide is to blame for microcephaly outbreak-not Zica (Science Alert) [Un rapport dit qu’un pesticide lié à Monsanto doit être blâmé pour la flambée de microcéphalie, et pas Zika.]

Comme vous pouvez le deviner, je suis ici pour vous dire que Monsanto n'a joué aucun rôle à propos du tragique virus Zika ou de la microcéphalie.

Voici le contexte.

Un groupe de médecins argentins, médecins dans les villes des « cultures traitées » (Crop-Sprayed Towns), une organisation activiste, a publié un rapport le 10 février qui prétend qu’un produit appelé pyriproxyfène - un larvicide ajouté à l'eau potable pour stopper le développement des larves de moustiques dans les réservoirs d'eau potable – est cause de la microcéphalie, et pas le virus Zica. Les publications qui ont fait ces déclarations ont également écrit que le producteur de pyriproxyfen, Sumitomo Chemical Company, est une filiale de Monsanto.

Tout d'abord, Monsanto ne possède pas Sumitomo Chemical Company. Nous sommes partenaires commerciaux dans le domaine des désherbants. Nous avons une relation d'affaires avec Sumitomo depuis 1997.

Deuxièmement, Monsanto ne produit pas et ne vend pas de larvicides. Une simple recherche sur notre site internet le révélerait. Pour les théoriciens du complot qui pourraient dire: « Et alors? Vous pouvez le cacher! », sachez que nous avons une obligation envers nos actionnaires d’être complètement  transparents sur notre portefeuille de produits.

Donc, en prenant l'ensemble de ces informations, si vous représentiez une publication en ligne avec un projet déterminé, en particulier un projet refusant de voir, les yeux dans les yeux, le rôle de la science face aux défis mondiaux complexes, vous auriez là une belle recette pour un titre attirant les clics: « Monsanto a un lien avec [ajouter ici une actualité dont les gens parlent et qui attirera du trafic sur votre site] ».

Monsanto récolte ensuite le blâme, même si l'article peut comprendre une seule mention de Monsanto, et cela n’a aucune importance si cette mention est vraie ou non.

Il est important, pour le bien de la science, de dire qu’il n’y a pas de données réelles suggérant que les larvicides sont à blâmer ou ne sont pas sûrs.

Des articles comme ceux évoqués créent des craintes inutiles et font dérailler des conversations importantes. Je comprends que les publications incriminées puissent ne pas aimer mon entreprise. Nous avons travaillé dur pour gagner la confiance, et cette confiance ne vient pas facilement. Nous devons sûrement faire un meilleur travail pour parler avec les gens - amis et ennemis - afin d'aider à trouver des solutions pour nourrir un monde en croissance. Mais en utilisant le nom de notre société et en refusant de faire preuve de diligence raisonnable pour vérifier l’exactitude des faits, uniquement pour générer des clics, est méprisable.

Les scientifiques et les responsables de la santé publique du monde entier se focalisent sur la recherche de solutions pour enrayer la propagation du virus Zika. Ils recherchent de meilleurs traitements pour les enfants nés avec une microcéphalie. Il est dommage que tout le monde ne partage pas ce point de vue, et certains groupes préfèrent utiliser cette tragédie pour atteindre leurs propres objectifs.

Nous devons rester orientés sur la recherche pour enrayer la propagation du virus Zika et identifier de meilleurs traitements pour les enfants nés avec une microcéphalie, au lieu d'utiliser une tragédie pour conduire des initiatives privés servant des groupes d’intérêt particuliers.

Références

L’article original en anglais est accessible ici.

La position de Monsanto est accessible ici.